Choisir, servir, déguster sa vodka

Vodka, la déguster avec modération mais dans les règles de l’art

Il est difficile d’imaginer une fête russe sans vodka. Mais pour qu’elle se déroule sans excès et ne vous laisse que des souvenirs agréables … voici quelques conseils.

Choisir sa vodka

On peut distinguer les vodkas selon plusieurs critères. Leur provenance, leurs matières premières (céréales, fruits, légumes, pommes de terre, riz…), le nombre et le type de distillations, le nombre et le type de filtrations. Pour une vodka standard, le plus souvent c’est du grain non trié et des pommes de terre qui sont distillés. Pour les vodkas premium et super premium, on utilise plutôt du blé sélectionné ou du seigle.

Quelle est la meilleure vodka ? Il est impossible de répondre à cette question, chacun de nous ayant ses propres sensations gustatives. Il existe plus de 5 000 marques de vodka à travers le monde dont les russes plus puissantes et les polonaises plus douces. 

Russie : Les vodkas russes se différencient par leur puissance. Parmi elles, l’emblématique Stolichnaya ou la Russian Standard Vodka. De couleur translucide, cette dernière est distillée 4 fois. Le blé est mélangé avec les eaux pures et glaciaires du lac Ladoga, au nord-est de Saint-Pétersbourg.
Nous avons aussi goûté à la Beluga, vodka sibérienne qui se distingue par sa finesse et sa maturité, et distillée dans la ville de Mariinsk. Depuis 2000, une vodka avec un rendu unique à chaque saison car la production n’a lieu que si la qualité du blé utilisé pour élaborer le moût répond aux normes établies. C’est la vodka
Kauffman. On dit d’elle que c’est l’une des meilleures vodkas au monde, c’est surtout la seule à être millésimée.
Ukraine : La vodka Nemiroff Lex est une des vodka d’Ukraine les plus recherchées. Elle a une douceur exceptionnelle due à la combinaison d’alcools aromatisés et luxueux et de fleurs de citron vert.

Pologne : c’est le plus gros producteur de vodka au sein de la Communauté Européenne. Grâce à un savoir-faire ancestral, bon nombre de distilleries produisent une vodka premium de renommée internationale, à l’image des fameuses Żubrówka (à base de seigle et parfumée à l’herbe aux bisons) et Belvedere (à base de seigle). En Pologne, on savoure plus volontiers une vodka aromatisée. La vodka blanche est, quant à elle, dégustée lors des grandes occasions.

Mais la Pologne, la Russie et l’Ukraine n’ont pas le monopole de la vodka. Les pays scandinaves sont connus pour leurs vodkas plus légères et conviviales pour les cocktails.

Hollande : une autre « super premium » : la Ketel One Vodka, riche en goût et fraîche en fin de bouche. Elle est produite à Schiedam, ville néerlandaise, qui a déjà donné son nom à une eau-de-vie fabriquée à base de genièvre. Généralement, la vodka néerlandaise est considérée comme douce et légèrement texturée.
Suède : avec la marque de vodka Absolut. En 1879, le distillateur Lars Olsson Smith crée une vodka qu’il baptise Absolut rent bränvin , ce qui signifie : eau-de-vie parfaitement pure.
France : Depuis plusieurs années, la France a démontré son savoir-faire avec des cuvées haut de gamme, avec la marque Grey Goose, fabriquée dans la région de Cognac. Cette vodka française est appréciée notamment aux Etats-Unis, qui considèrent aujourd’hui la France comme la championne des vodkas “super premium”.
Un petit Poucet dans le monde de la vodka : la marque Fair, qui propose une vodka bio à base de graine de quinoa (Bolivie) et de blé de Beauce (France). A déguster plutôt chambrée pour profiter au maximum de sa palette aromatique et gustative.
Nous n’avons pas testé la vodka Cîroc distillée en France, à partir d’un alcool de raisin …. source de polémique pour les traditionalistes, qui souhaitaient que le nom de Vodka soit autorisé uniquement pour les alcools élaborés à partir de céréales ou pomme de terre.

Dans tous les cas, ne boire que de la vodka de bonne qualité. En Russie un proverbe dit : « on sait que l’avare paye deux fois. En ce qui concerne la vodka, cela peut être « trois fois ». Une vodka de mauvaise qualité peut être un poison pour le corps et l’esprit. » Donc rester vigilant si vous êtes amené à boire de la vodka à l’étranger. Des bouteilles peuvent contenir de la vodka frelatée.

Servir la vodka

La vodka se déguste froide, mais pas glacée. La température optimale est de 8-10 ° C. La bouteille est pendant 2-3 heures au réfrigérateur, mais pas au congélateur. Si vous la mettez au congélateur, l’eau se transforme rapidement en glace sur les parois ou le fond de la bouteille et c’est de l’alcool pur presque non dilué qui sera servi à vos convives. Par contre, les verres à vodka, d’une contenance de 50ml, peuvent être refroidis au congélateur.

Déguster la vodka

Si en France, le vin s’accompagne de tout un rituel de dégustation, il en est de même pour la vodka en Russie. Il existe deux traditions : russe et européenne. Selon la tradition européenne, on boit la boisson en deux ou trois petites gorgées. Selon la tradition russe, elle se boit d’un coup. Cependant, cette dernière habitude provient de la consommation de vodka de qualité inférieure, dont le goût est vraiment peu enviable.

Les traditions changent … aujourd’hui, pour une partie de la population russe, boire de la vodka en une seule gorgée signifie manquer de respect pour cette boisson…. surtout quand elle est de bonne ou très bonne qualité.
La vodka n’est pas mélangée à un jus de fruit, sauf si elle fait partie d’un cocktail.
Dans c
e cas, privilégiez une vodka polonaise plus aromatique.

Premier conseil: boire avec modération et petit à petit. En Russie, les connaisseurs recommandent, entre le premier et le deuxième verre, de faire une pause de trois minutes. Après le troisième verre, si possible, quitter la table pendant 15 à 20 minutes. Ils appellent cela la « pause cigarette » bien que fumer ne soit pas recommandé !!

 

Deuxième conseil : accompagner la dégustation de vodka de collations. Sur les tables russes il y a beaucoup de légumes marinés: concombres, tomates, courgettes, choucroute et notamment, le fameux cornichon russe en saumure. L’alcool provoque une carence en magnésium, qu’on trouve en quantité dans les cornichons russes. La vodka se déguste aussi avec des toasts de poissons fumés. Les aliments « gras » sont aussi présents sur les tables russes.

Évitez les boissons gazeuses qui irritent les parois de l’estomac et augmentent l’absorption de l’alcool. Rappelez-vous que la consommation excessive de vodka est nocive pour la santé ! Ce qui est vrai pour toute consommation d’alcool : 0,8gr d’alcool par litre de sang correspond à 4 à 5 doses d’alcool ingurgitées en moins de 2 heures.

Pour conclure : Même si vous ne maîtrisez pas la langue russe, apprenez à porter un toast : « за ваше здоровье » (Za Vaché Zdorovié !)  « À votre santé !»
Vous vous demandez sûrement comment l’on peut relier la santé et l’alcool ? Au temps d’Ivan le Terrible, les Russes utilisaient la vodka afin de préparer des alcoolatures médicinales. Et si la boisson a bien changé depuis, un bon vieux toast sert toujours à se donner bonne conscience.

A consommer avec modération. L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Déconseillé aux femmes enceintes.

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